CINÉTISMES

NUMÉROS THÉMATIQUES

Appel à contribution thématique, Spécial n°04Date de limite de soumission 02 août 2024
Cinétismes, n°4, Décembre 2024

DU RAYONNEMENT DES LITTÉRATURES AFRICAINES 30 ANS DE CRÉATION ET DE PENSÉE

Ce nouvel appel à articles vise à mettre en lumière le renouvellement des littératures africaines sous l’angle de la création esthétique et de l’évolution de la pensée, et l’émergence de nouvelles figures littéraires issues des webtechnologies. En outre, l’écosystème numérique a permis l’éclosion d’une expression militante et citoyenne jamais observée jusque-là. Longtemps réduits au silence ou à une parole censurée, bon nombre d’acteurs ont enfin trouvé par ce canal le terrain privilégié de déploiement d’une expression libre, sans filtre et porteuse de nouveaux espoirs. Par ailleurs, que ce soit sur un terrain politique, économique, culturel, etc., on est en droit de faire écho à une sorte de néo-révolution cybernétique qui cristallise de forts enjeux. En tout état de cause, il est digne d’intérêt de citer entre autres parmi ces figures émergentes et de plus en plus célèbres :

  • des cyberactivistes,    à l’instar de Nathalie Yamb (Cameroun), Kemi Seba (Mali)… ou encore Mwazulu Diyabanza (Congo) ;
  • des webpolitiques : Ousmane Sonko (Sénégal); Alaa Salah (Soudan)… ;
  • des e-entrepreneurs : Rebecca Enonchong (Cameroun) ; Lual Mayen (Soudan) ;
  • des cyber-environnementalistes : Gabriel Klaasen (Afrique du Sud) ; Ahmed Elhadj Taieb (Tunisie) ; Vanessa Nakate (Ouganda) ;
  • des cyber-économistes : Kako Nubukpo (Togo) ; Felwine Sarr (Sénégal) …;
  • des militaires 2.0 : Ibrahim Traoré (Burkina Faso) ; Hassimi Goita (Mali) ; général AbderrahmaneTiani (Niger)… ;
  • des influenceur-se-s 2.0 : Biscuit de mer (Cameroun) ; général Makosso (Côte d’ivoire),

Il y a un peu plus de 30 ans, de mémoire, le vent de la démocratie soufflait au sein de la plupart des pays africains avec sa cohorte de libertés. À la faveur de cette évolution, la parole publique se libère et, avec elle, de nouveaux modes de pensées et de styles d’expression émergent. L’avènement de la démocratie succède en réalité à la période post-coloniale. Le renouvellement de la pensée va s’appuyer essentiellement sur des revendications sociales et politiques, à la charnière de ces deux époques. L’époque post-coloniale peut être empiriquement située à partir des indépendances (autour des années 1960) jusqu’à avant l’avènement de la démocratie. L’époque d’émergence démocratique commencerait à la fin des années 1989 jusqu’à nos jours.

La période postcoloniale se caractérise par un sentiment conflictogène grandissant vis-à-vis de la présence du Colon. Sur cette base, il se met en place une résistance pour chasser l’oppresseur colonial. Cette résistance est polydimensionnelle, à la fois politique, sociale et intellectuelle. Les luttes d’indépendance reprises en chœur dans les littératures des colonies françaises ont rendu ainsi fascinant l’apport esthétique de nombreux auteurs, entre autres, Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Ahmadou Kourouma (Côte d’Ivoire), Ousmane Sembène (Sénégal), Sony Labou Tansi (République démocratique du Congo), Tchicaya U’Tam’si (République du Congo), Aminata Sow Fall (Sénégal), V-Y Mudimbe (République démocratique du Congo), Chinua Achebe (Nigéria), Ferdinand Oyono (Cameroun), Mongo Beti (Cameroun), Anton Whilhelm Amo (Ghana) ; Nelson Mandela (Afrique du Sud), Wole Soyinka (Nigéria), Tsitsi Dangarembga (Zimbabwe); Yvone Vera (Zimbabwe); Ngũgĩ wa Thiong’o (Kenya), Kossi Efoui (Togo), etc.. La plupart de ces auteurs et autrices sont des personnalités politiques dont la littérature sert de propagande positive ou négative vis-à-vis de l’administration coloniale régente. La période postcoloniale est une période scellée par de nombreux accords coloniaux entre la nouvelle élite africaine et l’ancien pouvoir colonial, dans le grand secret du peuple. D’abord célébrée, cette nouvelle élite africaine va reproduire une gestion coloniale ; à raison, puisque c’est le seul système de gouvernance auquel cette élite a été confrontée. Pour la plupart, c’est un système de parti unique qui prévaut. Ceci est d’ailleurs normal et accepté par le peuple puisque les grandes figures de ces partis sont souvent des personnages emblématiques de la révolution des indépendances.

L’expression des libertés dites démocratiques donne lieu à de violentes répressions ainsi qu’à de nombreux exils. Inhabitués de la contradiction et de l’opposition, les nouveaux dirigeants africains sont confrontés à la critique d’eux-mêmes et de leurs gouvernances. Autorisées à exercer leurs libertés démocratiques, de nombreuses défections par des caciques du bureau politique au pouvoir auront lieu sur fond de déclaration de guerre (coup d’État) ou tout simplement d’assassinats ; des activistes vont naitre…

L’arrivée d’Internet et des médias sociaux dans la foulée va créer un véritable bouleversement opérationnel et pratique, notamment en termes de nouvelles formes de révolution citoyennes, avec des répercussions mondiales (facilités de mobilisation … de conscientisation). Les évènements récents au Mali, Burkina Faso… et au Niger sont d’une actualité brûlante. L’on est passé sans transition d’une littérature d’inspiration coloniale, puis nationaliste, à panafricaniste. De nouveaux modes de pensées et formes d’expression de la pensée sont impulsés par la puissance numérique à travers les canaux optimisés de médiatisation sociale (TikTok, Facebook, WhatsApp, Instagram…).

De proche ou de loin, l’on voit bien que les modes de discours et d’expression s’adaptent à l’actualité (biens mal-acquis ; rapatriement des objets d’art africains ; revue des accords coloniaux, changement des gouvernants africains jugés dévoués aux intérêts de l’ancienne puissance coloniale, question de la parité monétaire, Droits de l’homme, Djihadisme dans le Sahel, le climat, etc.). C’est à la fois une vision sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation.

Le renouvellement des modes esthétiques de littérature et d’affirmation de la pensée africaine contemporaine va ainsi se réadapter grâce à Internet et permettre aux auteurs d’être beaucoup plus efficaces. La littérature cyberactiviste est ainsi portée par diverses voix du/sur le Continent, parmi les plus en vue, celles :

  • des écrivains et écrivaines : Patrice Nganang (Cameroun); Léonora Meano (Cameroun) ; Sabelo Ndlovu-Gatsheni (Zimbabwe), Fatou Diome (Sénégal) ; Alain Mabanckou (franco-congolais) ;
  • et des philosophes : Kwasi Wiredu (Ghana) ; Kwame Anthony Appiah (Ghana); Ali Benmakhlouf (franco-marocain); Souleymane Bachir Diagne (Sénégal) ; Nadia Yala Kisukidi (franco-congolaise) ; Jean-Godefroy Bidima (Cameroun) ; Achille Mbembe (Cameroun),

Au fur et à mesure que ce réveil nationaliste prend d’assaut les réseaux et médias sociaux, l’on assiste aussi à une polémisation des émotions, consubstantielle à un emboitement de représentations positives ou négatives présentes dans la/les mémoire(s) individuelles/collectives.

« Nombreux/ses sont les écrivains et écrivaines, ainsi que le précise Jean-Pierre Cléro (2000 : 245- 246), auteurs et autrices de mémoires, de nouvelles, de romans qui ont mis en scène une perception [de la littérature africaine, c’est nous qui le précisons], soit parce qu’elle était particulièrement belle ; soit parce qu’elle rappelait à l’improviste une autre perception, séparée d’elle par plusieurs décennies et faisait vibrer l’intervalle de toute une série d’affects et de représentations […] ; soit enfin, comme si elle était le point de départ ou le point d’arrivée d’une longue quête affective qui ne parvenait à trouver sa vérité que dans l’acte même de se représenter cette perception ou de la narrer. »

La tâche qui se dessine devant nous désormais est de brosser un état des lieux de ce rayonnement en termes de création et de pensée. Il s’agit de rendre compte de la résonance des littératures africaines contemporaines (perception ; sens commun ; espace ; fiction ; critique de la subjectivité) et les horizons qu’elles redessinent à divers plans (humain, épistémologique, didactique, opérationnel, etc.).

Structure de l’ouvrage

Les propositions sont subordonnées aux axes suivants, sans pour autant y être limitées :

  • Littératures africaines (formes esthétiques, état des lieux, nouvelles valeurs, auteurs, )
  • Spécialistes du monde francophone et au-delà (auteurs, critiques et éditions)
  • Dynamique des langues/discours dans l’espace africain (pratiques technodiscursives, traduction, interactions, collages, poétique numérique ; cyberlittérature)
  • Varia

Les articles

Les articles soumis doivent être inédits, et, selon la langue principale de communication, seront précédés d’un résumé en anglais ou en français (8 lignes max.) et de mots-clés (5 lignes max.). Les mots du titre ne doivent pas apparaître comme mots clés. La revue accepte deux types de contribution :

  • des articles courts, tels que des comptes rendus d’expérience qui ne dépasseront pas 10 pages. Ceux-ci ont un rôle informatif, et peuvent donner une photographie contextualisée de pratiques innovantes. Ils peuvent également exprimer un point de vue, un témoignage ou une prise de position, matière à débat, etc.
  • Des articles longs, traitant de questions plus théoriques ou générales. Les articles de synthèse ou communications de résultats de recherches doivent rendre compte d’un travail original et faire preuve de rigueur scientifique dans un langage clair et accessible.

 Le protocole de rédaction est accessible sur le site web de la revue : https://www.revue- cinetismes.com/ ou auprès du secrétariat de la revue. Les auteurs sont responsables de l’exactitude de leurs références et citations

Calendrier
  • Lancement de l’appel : mars 2024
  • Date limite de soumission des articles : 2 août 2024
  • Notification d’acceptation aux auteurs : 15 septembre 2024
  • Date limite de réception des articles corrigés : 10 octobre 2024
  • Parution du dossier : décembre 2024
Modalités de soumission et d’évaluation

Au plus tard le 2 août 2024, les articles sont à soumettre en ligne à:

Normes de rédaction

Les normes éditoriales, la politique éditoriale et la politique d’évaluation sont disponibles sur le site-web de la revue à l’adresse suivante: https://www.revue-cinetismes.com/normes/

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Politique de diffusion
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  • Frais d’instruction : Non
  • Frais de publication/insertion de l’article après acceptation et corrections: 50.000FCFA ou 81EUR
Lancement de l’appel : 09 mars 2024

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Cinétismes est une revue scientifique pluridisciplinaire et internationale qui promeut un regard transversal sur les phénomènes du langage (signe, texte, langue, mémoire), œuvre pour un dialogue entre diverses générations de recherches et de chercheur·e·s, pense la pluridis…